Ce n’est pas le moment de dormir. Il y a comme un appel au lointain. Un rythme qui se rapproche, tandis que la nuit se répand. Le soleil s’est éclipsé dans un halo incandescent, laissant la terre reprendre son souffle chaud. La rumeur approche. Les flammes s’allument. Les pieds se libèrent de leurs lanières, nus. La danse commence, alanguie. Caresse la tiédeur crépusculaire.
Et le rythme s’accélère. La nuit s’embrase. Tout se charge et se mêle. Happés, les corps luisent. Se rapprochent et dansent, dansent, dansent. S’envolent et touchent terre. S’envolent encore et reviennent au sol. Où se trouve la surface? Elle a fondu.
Nuit torride vibre dans les ventres et perle des peaux. Transe. Tout le monde est autour du feu. Tout le monde est en feu. La soif jaillit. Et cette eau piquante épice les sens. Traverse les peaux, vaporise les flammes, imprègne la terre, baigne la nuit brûlante.